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Pour expliquer ma démarche, deux réflexions se sont rapidement imposées à mon esprit :
Tout d’abord, j’ai acquis la conviction que l’Art est un processus de création permanente, à la différence de l’artisanat qui est la reconstitution de recettes et de modes opératoires répétitifs. En conséquence, celui qui se pique d’art, en tant qu’acteur, doit s’engager dans la voie de la création continue.
Il ne doit pas craindre d’explorer différentes manières de s’exprimer, et même d’emprunter des chemins contradictoires et parfois inexplorés, dès lors qu’il reste authentique et échappe à la dictature de la mode. Même s’il a le sentiment de passer à côté de la recherche du beau.
Par ailleurs, la nature de l’homme mêle intimement l’émotionnel et le rationnel (cerveau droit et cerveau gauche) . Il convient donc dans l’élaboration d’une œuvre de chercher et de réussir, autant que possible, cet assemblement. Il me semble, en conséquence, que céder totalement à une partie de nous-même ne peut donner vie qu’à une œuvre inachevée. Il est gratifiant qu’un tableau procure des sensations affectives par sa « chorégraphie chromatique », en même temps qu’il flatte l’œil et la raison par son aspect structuré, et le sens donné par le motif.
C’est ainsi qu’au long de ma démarche picturale, j’ai été amené à balayer divers modes de représentation de la réalité, successivement ou alternativement : -un style figuratif assez classique a constitué mes débuts, l’expressionisme a constitué une étape obligée -l’abstraction est une attirance de tous les instants, sans que j’y cède complètement -Enfin ma dernière production se situe à la frontière du cubisme et du futurisme. Estimant que l’œil du peintre est toujours en mouvement je souhaite imprimer cette dynamique au motif, en fragmentant l’espace aussi bien que le sujet.. J’espère ainsi capter et restituer à la fois la lumière et le mouvement. Ai-je réussi ? Seul un œil extérieur peut en juger, l’œuvre, une fois réalisée, échappe à son géniteur. Jacques DRAI
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